henning Mankell

Non, Stieg Larsson n'est pas le père du polar nordique. Il existait bien avant, et l'école scandinave est d'ailleurs féconde. Henning Mankell en est un de ses représentants les plus connus et les plus talentueux. Traduit en France depuis le début des années 90, Mankell est un auteur atypique. Il partage sa vie entre la suède et le Mozambique, et s'il est devenu célèbre grâce à ses romans policiers, il se consacre aujourd'hui à l'écriture théâtrale.

Dans ce roman, Herbert Molin, un ancien policier à la retraite qui vit reclus au fond des bois est sauvagement assassiné. Stefan, un de ses anciens collègues apprend la nouvelle en même temps qu'il découvre qu'il a un cancer. Désappointé, il va se consacrer à l'enquête pour fuir ses propres angoisses.

"Le Retour du professeur de danse" n'est peut-être pas le meilleur opus de Mankell. A cela, il y a plusieurs raisons : le mobile du meurtre est un peu invraisemblable, de même que les raisons qui poussent Stefan à poursuivre l'enquête en dehors de toute légalité, mais surtout, il n'y a pas Wallander, le héros récurrent de Mankell. Pourtant, malgré ces défauts de départ, le roman fonctionne. Et c'est en grande partie, là qu'est tout le talent de l'auteur. Il nous plonge au coeur de l'enquête, au plus profond des doutes et  des erreurs des enquêteurs.

L'autre grand intérêt du roman est qu'il se situe dans le nord du pays alors qu'habituellement les enquêtes de l'inspecteur Wallander ont pour cadre la Scanie, région du sud d'où est originaire Mankell. On plonge donc littéralement dans ces interminables forêt, sur ses chemin qui n'en finissent pas. On se retrouve confronté à ce monde de la solitude où il y a parfois plusieurs heures de voiture entre deux villages.

Au final, un roman avec des défauts, certes, mais bourré de charme. On peut juste regretter que la charge contre le retour potentiel de la bête nazie soit un coup d'épée dans l'eau.