Il est des films qui s'avérent être de bonnes surprises. De ceux que l'on va voir comme ça, un soir de pluie, juste parce que l'on à envie d'aller au cinémaet que rien ne nous tente vaiment, alors on fait confiance au casting, de bons acteurs que l'on a souvent aimé. "Möbius" fait partie de cette catègorie-là, un film que l'on va voir par hasard et qui s'avère excellent.

D'ailleurs c'était tellement le hasard, que je n'avais même pas pris le temps de regarder qui en était le réalisateur. Et plus le film avançait, et plus je me disais qu'il s'agissait de l'un des meilleurs films d'espionnage français, voire de l'un des meilleurs films d'espionnage tout court, que j'ai vu depuis "Les Patriotes" d'Eric Rochant. Eh oui ! Divine surprise au moment du générique.

L'histoire, elle est assez simple pour un film d'espionnage. A monaco, une équipe d'agents russes recrute une surdouée de la finance, connue  pour être à l'origine de la chute d'une grande banque américaine. Raison pour laquelle elle est réfugiée en terre monégasque, du fait de son interdiction sur le territoire américain. Les Russes veulent se servir d'elle pour faire tomber son nouveau patron, un magnat russe dont la fortune est plus que douteuse, et qui surtout n'est plus très en cours au Kremlin : le fameux Rostovski (lequel est un personnage réel et qui sera retrouvé mort le soir même ou j'ai vu le film. troblant, non ?). Mais un petit caillou va gripper la machine si bien huilée du FSB : le chef du groupe d'espion va  rompre une règle d'or et rentrer en contact avec l'agent infiltré. C'est le coup de foudre inévitable qui va mettre leurs vies en danger.

C'est du bon cinéma de genre, d'autant plus que Rochant mêle faits réels et fiction pure. Il réussit à tenir un suspens haletant quasiment de bout en bout uniquement par la force du scénario. Voilà enfin un film de genre qui ne fait pas appel à la surenchère de scènes d'actions ou d'effets vidéos. Seule l'histoire suffit et c'est très bien ainsi.

Surtout, bien plus qu'un film d'espionnage, "Möbius" est un film d'acteur. Et là, on n'est pas déçu. Dujardin et Cécile de France sont magnifiques, quant à Tim Roth, il campe un Rostovski émouvant en amoureux repoussé, laissant entrevoir une certaine humanité que sa situation ne permet pas de soupçonner.

On passe donc un excellent moment avec ce film. Un seul regret cependant : je n'ai pas compris pourquoi les scènes d'amour entreDujardin et Cécile de France étaient si longues, et surtout filmées en gros plan. Cela nuit un peu au film dont on peut perdre le film. Mais à part cela, c'est de la belle ouvrage.

 

PS : en bonus, le making off où Rochant explique le pourquoi des scènes d'amour.