Il est des artistes qui ont tellement bercé votre votre enfance, qui sont là depuis toujours en fait, qu'on les croit éternels. A tel point que l'annonce de leur mort vous plonge dans une nostalgie tenace et qu'une profonde tristesse s'empare de vous. Georges Moustaki vous assurément parti de ceux-là. A l'instar des Brassens, Brel, Ferré, Barbara, il fait partie de ceux qui ont servi la langue française, l'ont magnifié, et à ce titre il restera dans l'histoire pour avoir donné quelques unes des plus belles chansons d'après-guerre.

Parmi celles-ci, il y a forcément "Ma liberté", chanson qui à elle seule résume parfaitement le personnage et qui fut en son temps interprétée aussi par Serge Reggiani, son interprète fètiche qui a le mieux su mettre en valeur ses textes.


 

Si Moustaki était bien son vrai patronyme (Mustacchi en italien), Georges n'était pas son prénom. Il s'appelait en fait Giuseppe (Joseph) mais avait choisi Georges pour rendre hommage à l'un des hommes qu'il admirait le plus et qui fut aussi son ami : Georges Brassens.

Ce qui ne l'a pas empêché d'écrire une chanson intitulée "Joseph", une de ses plus jolies :

Il ne saurait y avoir d'hommage à Moustaki, sans évidemment "Le Métèque", la chanson qui l'a fait connaître comme interpréte. Ecrite au préalable pour Reggiani, celui-ci la refusa pensant qu'elle était tellement personnelle, collait tellement à Moustaki, que seul lui pouvait la chanter.

Reggiani ! Difficile de ne pas penser aussi à lui, tant l'association des deux fut magnifique. Cela a donné entre autre "Sarah", peut-être la plus belle chason d'amour, le plus hymne qui n'ait jamais été rendu aux femmes.

La chanson s'appelle "Sarah", parce que par pudeur, Moustaki ne voulait pas que l'on reconnaisse la personne dont il parlait. Pourtant, elle existe bien cette "Sarah", puisqu'il s'agit en fait d'Edith Piaf avec laquelle il a vécu durant une année et à qui il a donné une de ses plus belles chansons : "Milord".