Perfume Genius, c'est mon gros coup de coeur actuel. Déjà, rien que le pseudo est pas mal, même si à mon avis, il faut avoir un égo un peu surdimensionné. Venu de la banlieue de Seattle, Perfume a un peu plus de 30 ans, mais il a déjà un certain passé. Il a connu le rejet des autres, les discriminations liées à son côté efféminé et à son homosexualité, de l'alcool aux drogues les plus dures, il est revenu de toutes les addictions. Aujourd'hui, l'amour et la musique l'ont stabilisé.

"Put your back N 2 it" est son second album : un petit bijou. Des compositions essentiellement piano voix, même si sur quelques morceaux apparaissent par moments un violoncelle, des percussions ou un trombone. Perfume genius a une voix d'ange, pure, pleine d'émotion. Il faut l'écouter en fermant les yeux, on se croirait sur un nuage, c'est doux, c'est agréable. Evidemment, on pense beaucoup à Anthony and the johnson's à l'écoute de ce disque, mais l'art de Perfume genius est plus épuré, plus en retenue, ce qui n'est cependant pas le cas des paroles, assez engagées, sur la religion ou l'amour homosexuel.

Un seul regret cependant, l'album dure 32 minutes pour douze chansons, ce qui veut dire que chacune d'entre elles est relativement courte. D'ailleurs la plupart se terminent de façon abrupte. On aurait aimé qu'elles durent un peu plus, qu'on ait le temps de les laisser pénétrer en nous.

L'album commence par "Awol Marine". Les premières notes de piano font penser à un air connu (mais je n'arrive pas à trouver lequel), ensuite apparaît la voix de Perfume Genius, comme voilée, comme s'il fallait du temps pour arriver à la pureté.

Avec "Normal song", la voix est sans artifices, avec seulement quelques notes de piano et des choeurs tout en retenue à la fin. Sublime et envoûtant. "No tear" est sur le même tempo lent, mais Perfume Genius est cette fois-ci accompagné par une autre voix, grave, un peu d'outre-tombe : l'accord parfait.

Retour au piano-voix pour "17" (quelques percussions cependant. Toujours aussi épuré, toujours aussi beau.

Boite à rythmes, choeurs, "Take me home" est une chanson de facture plus classique, mais le charme perdure toujours grâce à cette voix incroyable. A noter que le clip ci-dessous est magnifique (il s'agit du clip officiel).

 

Retour à la sobriété sur "Dirge", chanson très lente. Ce sont les seules où il n'a pas écrit les paroles, il s'agit en fait d'un poème de la poétesse Edna St. Vincent Millay (texte ici). "Dark parts", le titre qui suit tranche radicalement : plus rapide, plus enjoué d'apparence, mais d'apparence seulement puisque la chanson parle de la part d'ombre qui sommeille en chacun d'entre nous.

 

"All waters", cette fois-ci au synthé, est une très jolie chanson d'amour, où l'on s'aperçoit qu'il est capable de monter très haut dans les aigus.

Vient ensuite "Hood", la chanson la plus belle la plus limpide de l'album. Il s'agit d'une complainte d'une quête d'amour. Tout y est beau, particulièrement la deuxième partie quand arrive la batterie. A noter que le clip est splendide, avec la participation de la star du porno gay, Arpad Miklos, décédé ce mois-ci.

"Put your back n 2 it" est la chanson qui donne son titre à l'album. Véritable déclaration d'amour, elle est empreinte de nostalgie. la partie musicale de la fin est très jolie. Rupture à nouveau avec "Floating spit" avec violoncelle et boite à rythme. On retrouve de nouveau la voix voilée du dévut. Chanson un peu mystèrieuse qui rappelle certains albums de Moby. L'album se clôt par le très beau "sister song", à la hauteur de tout le reste.