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Je ne suis pas un grand fan des Rolling Stones, mais ils ont quand même quelques titres incroyablement bons, et parmi eux, deux chansons formidables que je mets au-dessus de tout : l'ultra-connu et repris par tout le monde "Paint it black !" et le titre maudit "Mother's little helper".

Maudit ? C'était pourtant bien parti pour la chanson, puisqu'elle figure sur le 4ème album du groupe, probablement leur meilleur jamais réalisé  : Aftermath ; mieux, la chanson est choisie comme single pour la sortie au Royaume-Uni. Tout se présente donc sous les meilleurs hospices pour "Mother's little helper". Sauf, que pour la sortie du disque aux Etats-Unis, il est décidé de raccourcir le disque. Avec 14 titres, il est jugé trop long pour l'époque. De plus, un autre single, sorti lui quelques mois avant l'album et ne figurant pas sur Aftermath, fait des ravages. Il est donc décidé de l'intégrer à l'album version américaine, et c'est "Mother's little helper" qui en fait les frais. Le titre de cet énorme tube qui le remplace ?... "Paint it black !"

"Mother's little helper", c'est d'abord un riff de guitare particulier créé par Brian Jones. C'est aussi pour la première fois ce son de basse si spécifique aux Stones, son qui sera repris dans plusieurs titres dont "Paint it black ! ".

Musicalement, la chanson est parfaite, mais avec les paroles, elle devient exceptionnelle (à découvrir absolument ici). Le "Mother's little helper", la petite aide des mères en traduction littérale, c'est le valium, cette petite pillule qui fait florès dans les années 60 et que beaucoup de mères de familles prennent en grande quantité pour faire face à leur quotidien déprimant. Les Rolling Stones élargissent aussi le spectre de leur chanson dans le dernier couplet en parlant aussi des drogues qui font leur arrivée massive dans la jeunesse. On pense forcément à Brian Jones, dont l'addiction est connue et créée des tensions dans le  groupe.

On mesure aussi l'importance d'une chanson au nombre de reprises dont elle fait l'objet, et surtout à la qualité de celles-ci. Des reprises, "Mother's little helper" va en connaître beaucoup, mais il y en a une qui va être exceptionnelle : celle du chanteur belge, Arno.
Arno va faire sienne la chanson. Il va en doubler la longueur, la faisant passer de 2 minutes 30 à presque 5 minutes. Il remplace la guitare par le piano, et "Mother's little helper" devient une formidable ballade mélancolique, un puissant chant d'amour pour toutes les mères. Magnifique !
PS :
en bonus, je ne pouvais faire moins que de mettre aussi "Paint it black !". C'est puissant, c'est grandiose, ça n'a pas pris une ride.