pulp

Depuis les débuts du rock, la presse people a toujours, à chaque époques, fait ses choux d'une rivalité supposée entre deux groupes ou deux artistes :  les beatles contre les Stones, Les Cure contre les Smiths, U2 contre Echo and the Bunnymen, et même chez nous, Téléphone contre Indochine. Cette rivalité, parfois réelle, souvent factice, est avant tout une construction médiatique (souvent voulue par les groupes), un outil de promotion. Le problème, c'est que souvent, on occulte des dizaines de groupes dont certains sont parfois meilleurs que les fameux rivaux. Qui se souvient aujourd'hui des Kinks ou des Animals, lesquels avaient à mon goût bien plus de talent que les Stones ou les Beatles (du moins au début pour les Beatles, parce que les albums de la fin, on ne fera quand même jamais mieux).

Pulp est indiscutablement de ceux là. Victimes de la guerre entre Oasis et Blur ils connaitront certes le succès avec leur cinquième album, mais ils ont déjà 15 ans d'existence derrière eux, et aujourd'hui, qui se souvient d'eux. Pourtant, Jarvis Cocker, le leader et fondateur (à 15 ans) du groupe est aujourd'hui considéré comme l'un des meilleurs paroliers que la brit pop ait connu. "Different class", le fameux cinquième album, va faire un énorme carton lors de sa sortie en 1995. Cocker y parle d'amour, de sexe mais aussi et surtout des oppositions irréductibles entre les différentes classes sociales. Jamais sa plume n'a été aussi cynique, aussi fluide.

"Different class" est un grand album (peut-être une chronique sur l'album entier ici-même bientôt), toutes les chansons sont bonnes, rien n'est à jeter. Mais il y en a cependant une qui surpasse les autres de loin : "Common people". La radio populaire anglaise XFM ira même en 2010 jusqu'à la classer dans les 15 meilleures chansons britanniques de tous les temps. A mon avis, ce classement n'est pas usurpé. "Common people" est un chef-d'oeuvre.

C'est l'histoire (Paroles ici) d'une jeune fille de bonne fille qui décide comme les gens ordinaires, le menu frottin, les classes populaires. Évidemment, cette immersion ne peut être qu'un  échec, le papa de la demoiselle n'étant jamais bien loin pour accourir en cas de besoin. Ces fameuses classes populaires, Jarvis Cocker, en fait partie, il les aime, et ça se sent dans la chanson. Il connaît les appartements vétustes, les fins de mois difficiles, les courses au supermarché miteux du quartier, bref tout ce qu'il décrit dans la chanson et qui au fond, ne pourra jamais être autre chose qu'un divertissement pour la jeune fille.

Les paroles sont drôles, et beaucoup de jeunes Britanniques (mais pas seulement) vont s'y reconnaître. Mais cela ne suffit pas pour faire un tube. La mélodie et la musique vont être à la hauteur. Quelques de notes de synthé répétitives accompagnent les couplets, qui sont presque parlés plus que chantés par Jarvis cocker, histoire de faire entrer l'auditeur dans une sorte de confidence. Contraste évident avec le refrain où tout s'emballe à une vitesse dingue. Le refrain est simple entêtant, si on ajoute que le message est directement compréhensible par le commun des mortels, on est donc pas très loin de la chanson parfaite, celle que chaque artiste rêverait de faire.

Pour les vidéos, je mets évidemment le clip réalisé à l'époque, tout aussi déjanté que l'était la pochette de l'album. Je mets également une incroyable version concert qui donne une idée de l'impact qu'a pu avoir la chanson sur la jeunesse anglo-saxonne et surtout de la présence exceptionnelle de Jarvis Cocker sur scène.