En 1978, The Alan Parson's project, le groupe de rock progressif fondé autour d'Alan Parson et d'Eric Woolfson sort avec "Pyramid" son troisième album. Il s'agit d'un changement complet de direction. Alors que le précédent, "I robot" explorait l'univers futuriste d'Asimov, celui-ci effectue un prodigieux bond en arrière et nous emmène dans le monde mystérieux des pyramides de l'Egypte antique. Il reste que le son très moderne, très électronique de l'album, nous propose là aussi un voyage à travers le temps.

alan parson's

Un retour en arrière que symbolise le premier titre "Voyager". Quelques notes de synthétiseur, puis des sons un peu planant pour revenir sur une phrase musicale de quelques notes. Le ton est donné, l'album sera planant, féerique, poétique. Dans la foulée, sans aucune, c'est le morceau suivant "What goes up", chanson épurée, avec la voix complètement éthérée de David Paton, comme si elle venait de loin.

Toujours pas de rupture avant le troisième titre "The Eagle will rise again". Très jolie ballade, très mélodique avec une très belle introduction au clavecin. Toujours cette impression de planer.

"One more river" imprime une vraie rupture dans le disque, avec un son plus rock, un rythme plus rapide. Avec cependant une coupure véritablement planante au coeur de la chanson, mais tout se suite suivi par une envolée géniale au saxophone.

"Can't take it with you" semble inspiré directement de Pink Floyd, avec un couplet très différent du refrain, lequel est beaucoup plus planant. Le son Pink Floyd ? Le formidable solo de guitare à mi parcours.

Le grand morceau de bravoure de l'album arrive ensuite avec "In the laps of the gods". Les sons de cloche accompagnés à la flûte font une introduction à la fois exemplaire, puisqu'elle inspirera pléthore d'autres groupes, et mystérieuse. Le triptyque batterie guitare mandoline donne ensuite une belle impression de voyage, rehaussée par les choeurs et l'orchestre. Puis rupture, le piano se met en branle avec tous les instruments à sa poursuite, les choeurs donnent l'impression d'un opéra russe, tout s'emballe dans un final époustouflant. Grandiose, un des meilleurs morceaux de rock symphonique.

Nouvelle rupture avec l'ultra rapide "Pyromania", de facture classique, mais avec un travail sur la voix une nouvelle fois surprenant.

Nouvel instrumental avec "Hyper-gamma-spaces", dont les toutes premières notes rappellent encore Pink Floyd, mais cette fois-ci pour s'en détacher bien. Ce morceau où les claviers sont prépondérants, et qui a peut-être un peu vieilli aujourd'hui, deviendra l'archétype de la chanson dite futuriste, elle sera maintes fois copiée mais jamais égalée dans les années 80.

Et pour clôturer cet album un peu stratosphérique et planant, il fallait une jolie ballade pleine d'instruments à cordes. Ce sera "Shadow of a lonely man".