Créé en 1986 et dissout en 1993 (avant une reformation en 2004), le groupe n'eut pas beaucoup de succès aux Etats-Unis, mais influença toute la scène rock alternative qui allait bientôt déferler sur le monde à la suite de Nirvana. Il est évident qu'un groupe comme Radiohead leur doit beaucoup, par exemple. Si les Américains ont boudé les Pixies, ils vont toutefois être nettement mieux accueillis en Grande-Bretagne et en France, sans toutefois toucher vraiment le grand public. Aujourd'hui, les albums produits à cette époque par la bande de Black Francis (qui se fait désormais appeler Franck Black) sont presque devenus cultes.

"Bossanova", pour les fans du groupe est un disque controversé. Moins novateur et original que les précédents (encore que ! ), plus accessible, on y retrouve cependant tout ce qui caractèrise les Pixies : énergie, complexité, magie.

L'évocation des OVNI dans le titre de ce billet ne doit rien au hasard, mais n'est pas liée à ladifficulté de trouver une place pour le groupe dans l'histoire du rock. Bien au contraire, puisque comme je l'ai évoqué plus haut, The Pixies seront des précurseurs. Non, la référence aux OVNI vient du fait que Franck Black en 1990, lorsque paraît "Bossanova", leur quatrième opus, prend une place de plus en plus importante dans le groupe, presque dictatoriale (ce qui sera par la suite à l'origine de leur séparation), et surtout que les thèmes évoqués dans les chansons correspondent à ses obsessions, notamment les OVNI et les extra-terrestres.

pixies

Des obsessions que l'on retrouve dès la pochette de l'album (réalisée par Simon Larbalestrier), où le nom du groupe est posé sur les anneaux de la planète Saturne, le tout sur fond rouge faisant penser à l'Enfer, et entouré de quatre vignettes aux contenus très mystèrieux. Le ton est donné, le contenu de l'album est entièrement résumé là.

"Cecilia Ann", le premier titre est un morceau de surf music, genre trèsen vogue aux USA dans les années 60. Ce morceau entièrement musical est en fait une reprise des Surftones, pionniers du genre. La version Pixies est de fait bien plus électrique, plus dynamique.

Question énergie, on est servi avec le morceau suivant, qui débute par un larsen tonitruant, un riff de guitare, puis la voix de Franck Black qui hurle presque. Le contrepoint parfait du titre précédent, et surtout, un débouchage d'oreille nécessaire avant "Velouria", l'extraordinaire morceau qui suit (paroles ici). Tout commence par un incroyable riff de guitare, lourd, pesant avant de déboucher sur une fantastique ballade très punchie. Un morceau sublime. A noter que le clip est l'un des rares réalisé par le groupe. Il fut la condition d'accès à une célèbre émission de télévision. Ironie du sort, le clip fut fait à l'arraché, mais ne permit pas au groupe de passer à l'émission.

Les fixations extra-terrienne de Franck Black ? On les retrouve avec Allison (paroles ici). Energie, dynamisme, bref du Pixies pur jus avant un autre chef d-oeuvre plus en retenue quant à lui, du moins dans sa première partie : "Is she weird". Paroles très mystérieuses (ici), enfin pour moi, cette chanson est lumineuse, incandescente presque, enfin, magique !

"Ana"  (paroles ici) après toutes ces débauches d'énergie est une petite douceur, un morceau presque sussuré par le chanteur. C'est du velours, un petit bijou démontrant tout le savoir-faire immense du groupe. Et musicalement, qu'est-ce que c'est beau.

"All over the world" est un des morceaux les plus du disque (et du groupe), joli petite chanson très mélodique, où l'on retrouve cet art de la rupture qui sera l'apanage de Radiohead ou encore des accords de guitare rappelant furieusement Nirvana. J'aime beaucoup la fin, cette sorte d'énumération soutenue par la guitare. Très beau.

"Dig for fire" (ici) est un morceau assez original, avec des couplets qui sont presque parlés et un refrain qui est du Pixies Pur jus. Ah oui, j'ai oublié de  le dire, mais il y a un son et une esthétique musicale estampillée Pixies, la preuve des grands groupes ; et on le retrouve entièrement dans ce titre là.

Esprit pixien, s'il en est un que l'on retrouve parfaitement sur "Down  to the well" (ici). Ces deux plages plus classiques étaient faites pour patienter, parce que le meilleur arrive, c'est toute la fin du disque. Déjà, avec "The Happening" (ici) extraordinaire morceau en deux partie, où la seconde est proprement hallucinante. La voix de Franck Black fait des miracles dans les aigus. Et peu importe que l'on croit à l'arrivée imminente des martiens ou pas (c'est le sujet du texte), c'est beau, un point c'est tout. Et si les Martiens ressemblent à cette chanson, je veux bien qu'ils arrivent.

"Blown away" reste musicalement dans le même esprit un peu vaporeux, avec plusieurs chansons en une. Là aussi, on touche un peu à la magie, et le mystère des paroles (ici) y est pour beaucoup.

Sur la fin de ce disque, on enchaîne les grands morceaux. "Hang wire" ">(ici) est beaucoup plus électrique, une véritable petite bombe énergisante. A noter que Joey Santiago à la guitariste, fait des prouesses dans les aigus. A noter que les deux derniers couplets sont des haikus.

"Stormy weather" est un morceau hypnotique, avec une seule phrase répétée ad libidum. Surtout, la voix de Franck Black fait encore dans prouesses dans les graves comme dans les aigus cette fois. L'album se termine ensuite par "Havalina, le véritable pendant du titre précédent, le calme après la tempête.

PS : Soyons honnête, ce billet doit beaucoup à ce lien , que je remercie vivement.