Il est difficile de résumer la carrière de Neil Young, tant celle-ci a été protéiforme, que ce soit en solo période folk ou période rock, ou en groupe, notamment avec Crosby, Still and Nash, ou avec le Crazy Horse ou les Stray Gators (qui officient sur "Harvest"). D'autant plus qu'elle ne s'arrête pas à la musique puisque Neil Young a aussi fait quelques incursions dans le cinéma comme compositeur et même comme réalisateur. "Harvest" constitue pourtant un indubitable sommet pour Neil Young.

L'album sort en 1972, dans une période heureuse, apaisée pour Neil Young où il vit dans un ranch avec sa nouvelle femme et son fils. C'est un moment de répit avant la dépression qui viendra et la plongée dans les addictions aux drogues, ce qui se sentira dans les disques suivants, tous très sombres. "Harvest" contrariera Bob Dylan, notamment à cause de la chanson "Heart of gold", qu'il pensait qu'il aurait dû faire (ici). Pourtant, l'album ne sera pas forcément très bien accueilli par la critique, qui attendait peut-être trop de retrouver le chef-d'oeuvre précédent que fut "After the gold rush" et qui fit décoller sa carrière. Mais le public va suivre, partout dans le monde, au point que "Harvest" sera un des albums les plus vendus de l'histoire. En ce qui me concerne, il occupe une place toute particulière, puisqu'il s'agit du disque qui m'a fait entrer dans l'univers de Neil Young. Aujourd'hui, la critique le considère comme un album majeur de l'histoire du rock et comme le plus emblèmatique de sa carrière (ici).

Neil Young

Le premier contact avec le disque se fait bien évidemment par la pochette dessinée par Tom Wilkes. Elle est symbolique de l'album : sobre, simple et efficace. Avec le recul, le rond jaune en forme de soleil représente l'apaisement à ce moment précis de la vie de Young, avant que le décès de son ami guitariste danny Whitten ne le plonge dans la dépression.

La simplicité, on l'a dès l'introduction à l'harmonica du premier titre "Out on the weekend". On retrouve tout de suite la voix calme et haut perchée de Neil Young. Rythme lent, mélancolique, la chanson raconte (ici) l'histoire d'un homme qui vient de rompre pour se consacrer à une autre femme. Exactement la situation de Neil Young à ce moment là.

 La seconde chanson, "Harvest", qui donnera son titre à l'album, reprend le thème de la rupture (ici). On retrouve aussi l'ambiance country du premier titre, même sans l'harmonica. Désolé pour la vidéo, je n'ai trouvé qu'une version acoustique de pas très bonne qualité.

"A man needs a maid" (ici) symbolise cet amour retrouvé, en l'occurrence l'actrice Carrie Snodgress avec laquelle il aura un enfant. Ce nouveau tournant que prend sa vie, ce bonheur retrouvé  est mis en valeur par l'apparition d'une musique plus lyrique, plus orchestrée, avec la présence de violons. Par contre, cette fois-ci, j'ai trouvé une jolie version piano de 6 minutes !
"Heart of gold" (ici) est incontestablement le tube de l'album, et peut-être le plus grand succès de Neil Youung. Cette histoire d'un homme à la recherche d'un coeur d'or à touché le monde entier. Finalement, ce trésor, l'homme, comme Neil Young, le trouvera dans l'amour.
Changement de thèmatique avec "Are you ready for the country " qui parle (ici) me semble-t-il de l'armée (mon anglais reste approximatif). A noter la présence de david Crosby et Graham Nash dans les choeurs.
"Old man" (ici) est probablement une des plus belles chansons du disque. Sorte d'hommage à un vieil homme que l'on pourrait supposé être son père. Les guitares qui pleurent façon banjo, contrastent joliment avec les choeurs enjoués de Lnda Ronstadt et James Taylor.
Retour à l'utilisation d'un orchestre symphonique (le London symphony orchestra en l'occurrence) sur "There's a world" (ici), jolie chanson qui décrit le monde qui nous entoure.
"Alabama", la chanson qui suit est pour moi, la plus belle de l'album, et peut-être même la plus belle de Neil Young (malheureusement je n'ai pas trouvé de vidéo. Plus rock que le reste de l'album, la chanson dénonce (ici) le racisme dans le sud des Etats-unis, notamment l'influence du Ku Ku Klan. Le groupe Lynyrd Skynyrd, sudiste par excellence, lui répondra avec la chanson "Sweet home Alabama".
"the needle and the damage done" (ici) est une très jolie chanson acoustique enregistrée en public, sur l'amour de l'humanité et surtout sur les méfaits de la drogue. La descente aux enfers racontée est celle de Danny Whitten.
L'abum se termine par le splendide "Words (between the lines of age)" (ici), qui clôt admirablement, avec envolée, un magnifique album. C'est la chanson la plus longue de l'album, celle où Neil Young admet être à un tournant de sa vie.