Siouxsie and the Banshees, c'est d'abord la figure de sa leader charismatique Siouxsie Sioux. Ce surnom original pour une anglaise (à moitiè belge cependant) vient de la passion qu'elle avait enfant pour les Indiens d'Amérique. Si en France sa notoriété reste confinée aux amateurs de rock, en Angleterre, elle est considérée comme une des artistes contemporaines majeures. De Radiohead aux Smiths en passant par U2 ou The Cure, ils sont nombreux les artistes qui reconnaissent avoir été influencés par elle. Ils sont encore plus nombreux ceux qui ont repris un de ses titres : Tricky, Massive Attack, Jeff Buckley, Red Hot Chili Pepper, et bien d'autres encore...

Ceci ne doit assurément rien au hasard. Tous les artistes cités ont pour caractéristique d'avoir été des défricheurs. Tous à leur manière ont cherché des sons, un style, une manière de faire de la musique différente. Leur précurseur dans ces recherches, c'est évidemment Siouxsie Sioux. Que ce soit avec les Banshees, les creatures, le second groupe dans lequel elle jouera simultanément ou encore en solo. Punk, reggae, folk, psychédélisme, on trouve toutes les influences tout au long de la carrière de Siouxsie.

En 1991, "Superstition" est le 11ème album des Banshees, l'avant-dernier du groupe. Formellement, ce n'est pas le plus novateur, ni celui qui sera le plus encensé par la critique. Mais son abord peut-être un peu plus accessible (je n'irai pas jusqu'à dire commercial, ce serait insulter la chanteuse), fera que le disque sera un de ceux qui marcheront le mieux. En ce qui me concerne, il revêt une importance particulière, puisqu'il est celui par lequel j'ai découvert Siouxsie and The Banshees. Ecouté des centaines de fois pendant le service militaire (eh oui, l'armée peut avoir du bon !), je l'avais oublié ensuite. C'est en le réécoutant il y a quelques jours qu'il est tout de suite devenu évident que j'y consacrerai une chronique sur ce blog.

Dès la pochette, couleurs flashies, habit doré de Siouxsie, on pressent que la tonalité de l'album sera plus pop qu'à l'accoutumée. On ne se trompe pas.

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Sonorités pop dès le premier titre "Kiss them for me" (ici), qui sera aussi le tube du disque, et aussi l'un des plus importants du groupe et de Siouxsie. Pop cetres, mais aussi influence orientales indéniables. Rythmique originale, guitares à la Beatles, voix éthérée, nappes de synthé : la recherche musicale est toujours présente et aussi féconde.

 Pour le titre suivant "fear (of the unknown)" (ici), l'influence des débuts de la musique électronique est claire : Dépêche Mode est passé par là ! Avec le titre suivant, "Cry" (ici) on retrouve une fois de plus l'usage des synthés, avec une reproduction de bruits de baleine qui donne un aspect particulier à la chanson. A noter que cette album, le schéma des chansons est classique (couplet / refrain), ce qui n'était pas forcément le cas dans les premières années.

Vient ensuite "Drifter" (ici). Morceau introspectif, une véritable douceur, commencée tranquillement par la voix presque étouffée de Siouxsie et des nappes de synthés, le rythme ne va pas en s'accélérant, mais le nombre d'instrument augmente, les synthés se font plus discrets pour laisser place à une instrumentation plus classique. On pense ici à Brian Eno. Tout simplement magnifique. On retrouve la même équation avec "Little sister" (ici), quelques notes de synthé, la jolie voix de Siouxsie, le tout est emballé.

Changement de style avec "Shadowtime" (ici), piano et guitare sont plus présents, la chanson plus rythmé, avec un refrain qui rentre bien dans la tête aurait certainement méritée une carrière en single.

Une guitare qui fait un effet larsen, c'est ainsi que débute "Silly thing" (ici), la plus belle chanson de l'album. Toujours les nappes de synthés, mais cette fois-ci les guitares sont plus présentes. "Got to get up " (ici) qui vient ensuite est peut-être le morceau le plus rock de l'album.  Mais là encore les expériences sonores sont de mise.

"Silver waterfalls" (ici) commence par des percussions et une boîte à rythme, puis les guitares prennent le pas. La voix de Siouxsie multiplie les effets au point que l'on pense qu'elles sont plusieurs à chanter. A noter un très beau final où tout se superpose.

Avec "Softly" (ici) dès les premières nappes nappes de synthès, on a l'impression de couler tranquillement sur l'eau. L'impression dure tout le long de la chanson, un peu trop peut-être à mon goût, mais il arrive parfois qu'à force d'expérimenter, on passe à coté. C'est si rare avec Siouxsie qu'on ne peut lui en vouloir.

L'album se termine avec un titre clairement pop, clairement dans l'air du temps de ce début des années 90. "The Ghost in you" (ici) n'est pas le meilleur titre non plus, mais suffisant pour quitter l'album avec une bonne image tout de même.

PS : cet album n'étant pas forcément le plus connu du groupe, on trouve peu de vidéos. Pour compenser, voici quelques classiques, à commencer par "Face to face", où avec le clip, on se croirait presque dans l'univers de The Cure. Robert Smith joue même sur "Dear prudence".