Il est reproché beaucoup de choses aujourd'hui à Téléphone, comme de n'avoir rien révolutionné dans la musique rock ou d'avoir des paroles simples voire simplistes. C'est peut-être vrai (quoique ! ), mais il reste une évidence : Téléphone est un groupe qui compte, l'un des rares de ce pays à s'exporter.

Certes, avant Téléphone, la France avait déjà d'autres groupes, mais aucun n'avait rencontré le succès et la plupart du temps, ils laissaient une grande part aux morceaux instrumentaux. En 1977, quand Téléphone sort son premier album, au titre éponyme, c'est une véritable révolution, une petite bombe. Non seulement ils chantent en français, mais c'est bel et bien du rock, et du bon, du fort ! Ce n'est peut-être pas le meilleur du groupe (mon préféré étant "Au coeur de la nuit"), mais si je pour parler du groupe je préfére commencer par celui-ci, c'est parce qu'il va marquer les esprits (100 000 albums vendus pour un premier opus) et va marquer les débuts d'un phénomène qui va durer 7 ans et qui fait encore référence dans le landerneau musical français.

Dès les premières notes du premier morceau, "Anna", le ton est donné. Deux accords deux de guitares, la batterie de Kolinka qui cogne brutalement, des paroles simples et efficaces (ici): C'est sûr on est bien dans du gros son.

Confirmation tout de suite après avec "Sur la route". Ca commence comme une ballade, tout doucement tout en délicatesse, puis ça s'accélère, avec la guitare de Bertignac qui déjà commence à faire des siennes, notamment dans un final somptueux où guitare, batterie et voie de Jean-Louis Aubert se répondent.
Avec "Dans ton lit" on commence à comprendre que la simplicité des paroles (ici) n'est qu'apparente : elles sont surtout en complète adéquation avec l'époque, avec toute une génération issue de mai 68 et avide de liberté, d'indépendance. pour le reste, le morceau est efficace.
Efficacité que l'on retrouve dans le morceau suivant "Le Vaudou (est toujours debout)", où même après 200 écoutes, les hurlements de Bertignac me font encore des frissons dans le dos.
Avec "Téléphomme" on ensuite un morceau curieux. Des paroles insignifiantes, avec une série de chiffres dont je n'ai toujours pas compris le sens. Mais musicalement alors là ! Téléphone démontre déjà tout son savoir dans les changements de rythme, Aubert prouve qu'il a déjà une forte présence comme chanteur, mais surtout, surtout, il y a le solo de Bertignac : immense déjà sur l'album, mais il faut lui préféré la version live où là il est tout simplement majestueux, grandiose.5 minutes de solo qui prouvent qu'avant de mal tourner et de faire des bluettes pour Carla Bruni, Louis Bertignac était bien de la race des grands. Et Corinne à la basse !!!!! Elle assure comme on dit !!!!
 "Hygiaphone", c'est le morceau qui les fera connaître, celui qui démontre que Téléphone avait un don incroyable pour capter l'air du temps. La chanson date de 1977, mais c'est pourtant bien de la déshuamanisation liée aux nouvelles technologies qu'elle parle (ici). "Hygiaphone" permet de comprendre le succès de Téléphone : ils sont de leur époque, la vive et surtout la ressente et la comprennent, ils vont en quelque sorte être les porte-paroles de toute une jeunesse.
"Métro (c'est trop)", comme le précédent titre, à la particularité d'avoir été enregistré en public. Là encore, il y a une incroyable osmose avec l'époque (ici), il y a la marque de fabrique Téléphone : simple et efficace.
Avec "prends ce que tu veux", on aborde un autre thème récurrent du groupe, celui du désenchantement face à la politique, ou plus exactement face à la classe politique. Sauf que nous sommes en 1977, c'est à dire à une époque où la société française est ultra politisée. Quand on relis les paroles (ici), on a l'impression qu'elles ont été écrites hier tellement elles collent à la période que nous vivons. De plus, le tempo de la chanson en fait une des plus rythmée dans un album qui l'est déjà beaucoup.
L'album se termine avec "Flipper", la seule chanson de l'album écrite par Louis Bertignac. La vie comparée à une partie de flipper ! J'avoue qu'on est un peu dans la philosophie de comptoir (ici). Pourtant, la chanson est une de mes préférées. D'abord parce que musicalement elle tient la route (la vidéo, une version live incroyable de 13 min. le prouve), mais aussi parce que ce côté "Brêve de comptoir" est assumé par le groupe, il leur donne ce côté populaire qui sera aussi une des clés de leur succès.
Pour en savoir plus :
Wikipédia bien sûr !