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Fleetwood Mac est une énigme en son genre. Des musiciens hors pairs, plus de 100 millions d'albums vendus, des tubes à la pelle, et pourtant, lorsque l'on pense aux plus grands noms du rock ou de la pop, le leur ne vient pas forcément.

Quand on parle de Fleetwood Mac, il faut bien préciser de quelle période on parle, puisqu'il y a 2 Fleetwood Mac. Le premier, déjà construit autour de John Mc Vie le bassiste, et de Mick Fleetwood, le batteur auxquels s'ajoutent trois anciens musiciens de John Mayall, dont Peter Green, guitariste et chanteur. Le groupe, entièrement Britannique, va rapidement rencontrer le succès avec son british blues et des compositions qui vont rentrer dans l'histoire de la musique comme "Blak magic woman". A l'époque, le Peter Green Fleetwood Mac, ça donnait ça :

 

Mais le groupe est fragile, Peter Green supporte mal le succès, et à la suite d'une tournée triomphale aux USA, la formation éclate. Mais Mike Fleetwood s'accroche, les Américians Lindsey Buckingham et Stevie Nicks rejoignent le groupe, tout comme Christine Mc Vie l'avait déjà fait avant la scission. Désormais, Fleetwood Mac sera basé en Californie, et on parle de Fleetwood Mac américain.

En 1975, ils sortent le premier album du groupe nouvelle formule : c'est un énorme succès. Pourtant, ce n'est rien par rapport à ce qui va suivre. En 1977, ils sortent "Rumours" : ils en vendront 40 millions d'albums. "Rumours" est un chef-d'oeuvre, classé parmi les plus grands albums par le magazine Rolling Stones. Son accouchement est pourtant difficile, puisque dans les mois qui précèdent sa sortie, tous les membres du groupe, dont certains sont mariés ensemble, vivent des séparations dans leur vie affective. C'est pourtant de ces ruptures que naîtra "Rumours", un album au parfum incroyable de mélancolie.

Le Thème de la rupture, il est là dès le premier titre "Second hand news". Chanson très rythmée, avec un Mick Fleetwood superbe à la batterie, mais les paroles ne laissent aucun doute sur ce qui viennent de vivre chacun des membres du groupe (ici).

On enchaîne ensuite avec "Dreams". Une batterie claire et limpide, des synthés qui pleure, la voix de Stevie Nicks qui fleure bon la tristesse. Bref on reste encore dans le thème de la séparation (ici). Premier grand bijou de l'album. il y en aura d'autres.

 Les départs, cela peut aussi donner quelques petites douceurs. Ce sera "Never going back again". Une superbe guitare qui grimpe dans les aigus accompagne la voix de Lindsay Buckingham.

Avec "Don't stop", nouveau sommet de l'album, qui traite cette fois-ci plus du thème de la déprime (ici). Certes les paroles ne portent pas à la gaieté, mais le contraste est merveilleux avec des musiques aux rythmes rapides qui restent dans la tête. Finalement, la première chanson optimiste de l'album. Pour l'illustration, cette version incroyable, avec trompettes et des mecs déguisés comme des gardes républicains.

Sur les vinyls "Songbird" concluait joliment la face A, avec la voix douce de Chritine Mc Vie, simplement accompagnée au piano. Bref, une nouvelle douceur.
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La face B recommence fort, avec "The Chain", probablement un des meilleurs morceaux du disque, si tant est qu'il y en ait un meilleur que les autres. Curieusement, il ne sortira pas en single. Une guitare qui sonne comme un banjo (sur l'album, pas sur la vidéo), Mick Fleetwood qui tape comme un sourd, le refrain, les choeurs, et d'un coup, tout s'arrête pour repartir sur quelques notes de basses et un super solo de guitare. Splendide !
Avec "The Chain", mais aussi "You make loving fun", la face B apparaît comme le remède à la face A. Le pessimisme n'y est plus de rigueur, on redécouvre les joies de l'amour (ici).
"I don't want to know" est l'autre tube en puissance qui curieusement lui aussi ne sortira pas en single. Retour sur le thème de la séparation, véritable fil conducteur de l'album.
"Oh Daddy", la chanson qui suit, est une nouvelle petite pause musicale dans l'album. une chanson douce, calme, pourtant pleine de douleur (ici), mais tranche avec le rythme des morceaux qui l'entoure.
Pour terminer cet album, il fallait évidemment une chanson qui soit le reflet de toutes ces désillusions, de toutes ces douleurs. Il fallait un petit bijou, un nouveau petit chef d'oeuvre : ce sera "Gold dust woman", la plus longue du disque,  peut-être la chanson où les textes sont les plus poignants (ici).
et puis, petit bonus, la même chanson, en live au Japon en 1977 :
Pour en savoir plus :
Wikipédia of course, mais l'article sur le disque est meilleure dans la version anglaise.
Rock fever, un très bon blog sur le rock.