Quand l'album sort à la fin de l'année 1970, Led Zeppelin est déjà installé comme un des groupes les plus vendeurs d'albums. Mais là où les deux premiers albums envoyaient du lourd, forgeant ainsi la légende qu'avec Led Zeppelin était né le hard rock, le troisième opus, logiquement intitulé III, fait rentrer le folk, linfluences orientales ou celtiques dans l'univers Zeppelinien, sans négliger le blues sa marque de fabrique. Bref, il gagne en légéreté sans perdre en puissance.

Mais d'abord, le premier contact avec le disque s'effectue par la pochette (celle du vinyle évidemment !), la magnifique pochette créée par Zacron et qui fera date. Une pochette perforée où apparaissent tour à tour les quatre visages des membres du groupe : sublime !

L'album démarre par un rythme guitare batterie puissant, assourdissant, tout de suite d'un cri déchirant : c'est Immigrant song. Un chanson rapide, presque violente, comme une urgence. Elle raconte les invasions de Normands en Angleterre. Le ton est posé : la puissance de feu du Zeppelin est de retour.

Mais après ce déchaînement de brutalité arrive Friends. Les guitares y sont plus apaisées, on est ici presque dans du folk. La voix de Robert Plant monte dans les aigus de façon limpide (autre marque de fabrique du groupe), dès le 2ème morceau, ils surprennent, ils innovent.
Une voix qui grimpe, une batterie qui s'affole, des solos de guitare majestueux, le tout qui se répond, comme un dialogue, une conversation : c'est Celebration day. Retour vers le meilleur du Zeppelin.
Arrive ensuite le chef d'oeuvre, la chanson qui pour moi, bien plus que Stairway to heaven ou Kashmir figure au panthéon du groupe et probablement de l'histoire de la musique. C'est un blues qui sonne comme un slow, c'est une déchirure qui parle aux tréfonds de l'âme. La voix de Robert Plant y est plus claire que jamais, les solos du grand Jimmy Page conversent avec elle, tandis que John Bohnam tape comme un sourd derrière sa batterie, mais tout cela ne serait qu'une addition de virtuosité s'il n'y avait pas les arrangements de John Paul Jones, l'homme de l'ombre, le discret, le pudique, mais c'est lui qui met du liant à tout cela, qui fait que tout s'enchaîne, logiquement, simplement.
Après ce bijou, retour vers le brut avec Out on the tiles. Une guitare en folie soutenue par la batterie incroyable de Bonham et Plant qui part dans de superbes vocalises. Le tout avec une mélodie entêtante. Bref, pas de pause.
La face B commence avec Gallows pole, magnifique chanson traditionnelle folk qui confirme les influences celtiques du groupe. On trouve les très belles paroles ici.
Suit ensuite la magnifique ballade Tangerine. Dieu que la voix de Plant y est douce, Dieu que la guitare de Page y est belle. On dirait presque de la musique country, le meilleur de la country évidemment.
Décidément, après les envolées de la face A, la seconde est bien plus paisible, contrôlée, puisqu'arrive That's the way. Les Beatles sont passés par là, les influences orientales sont évidentes dans le morceau. Pas forcément le meilleur ou le plus représentatif du groupe, mais il démontre bien cette volonté permanente de la recherche de la nouveauté, d'aller vers des territoires nouveaux.
Avec Bron-Yr-Aur stomp, on reste dans le folk pur et dur. Bonham innove en jouant avec des castagnettes ou des petites cuillères. Le titre de la chanson vient du nom du cottage où elle a été enreegistrée.
La chanson qui clôt l'album Hats off to (Roy) Harper est un blues magnifique, entièrement porté par la voix de Plant. Il s'agit d'un mélange de morceaux de blues classiques. C'est un hommage à Roy Harper, folk singer qui a collaboré avec le groupe.
Pour en savoir plus :
-Wikipédia bien sûr.
- le site officiel du groupe.
- le groupe a aussi sa chaîne vidéo officielle sur You tube.